
From jeudepaume.org / Press release
Presque 50 ans après Berenice Abbott, au début des années 1980, Ai Weiwei choisit lui aussi New York comme terrain d’expression, y photographiant quotidiennement le monde qui l’entoure. Il poursuit cette pratique à Pékin, où il retourne en 1993, montrant les multiples aspects de la réalité urbaine et sociale de la Chine. Ses photographies témoignent du capitalisme anarchique qui se développe dans son pays et des contradictions de la modernité. Tout à la fois architecte, sculpteur, photographe, blogueur et adepte des nouveaux médias, Ai Weiwei devient rapidement l’un des artistes majeurs de la scène artistique indépendante chinoise, produisant une œuvre prolifique, iconoclaste et provocatrice.

Ai Weiwei (Pékin, 1957) est le fils du poète Ai Qing. Après des études à l’Académie de cinéma de Pékin, il participe en 1978 à la création d’un collectif d’artistes, The Stars, qui rejette le réalisme social et défend une conception individuelle et expérimentale de l’art. En 1981, il se rend aux États-Unis et, en 1983, s’installe à New York où il étudie à la Parsons School for Design dans la classe du peintre Sean Scully. Il découvre alors des artistes comme Allen Ginsberg, Jasper Johns, Andy Warhol et, surtout, Marcel Duchamp, qui va compter pour lui, notamment par sa manière de mêler l’art et la vie. C’est à cette époque qu’Ai Weiwei produit ses premiers ready-mades ; parallèlement, il prend des milliers de photographies de lui-même et de ses nombreuses connaissances de la colonie artistique chinoise de New York. Son père étant tombé malade, il décide de rentrer à Pékin en 1993. Quatre ans plus tard, il participe à la fondation de CAAW (China Art Archives & Warehouse) et commence à s’intéresser à l’architecture. En 1999, il ouvre son propre atelier à Caochangdi et, en 2003, crée l’agence d’architecture FAKE Design. La même année, il joue un rôle important – en collaboration avec les architectes suisses Herzog & de Meuron – dans la construction du stade olympique, le célèbre « Nid d’oiseau » qui devient le nouveau symbole de Pékin. En 2007, à l’initiative d’Ai Weiwei, dans le cadre d’un projet intitulé Conte de fées, mille et un Chinois sont invités à la documenta 12 de Cassel. En 2010, à Londres, la Tate Modern expose un immense tapis – très minimaliste sur le plan formel – conçu par l’artiste et composé de millions de graines de tournesol en porcelaine, modelées et peintes à la main par des artisans chinois.

Ai Weiwei est un artiste généraliste et un critique social qui a entrepris de faire bouger la réalité et de contribuer à la façonner. Tout à la fois architecte, artiste conceptuel, sculpteur, photographe, blogueur, adepte de Twitter, artiste-intervieweur et critique culturel, c’est un observateur perspicace des enjeux et des problèmes sociétaux d’aujourd’hui, un grand partisan de la communication et des réseaux, et un artiste qui sait introduire de la vie dans l’art et de l’art dans la vie. Il aborde de front la question des conditions sociales en Chine et dans d’autres pays en livrant son témoignage sur les bouleversements que subit Pékin au nom du progrès, en adoptant dans ses Études de perspective une attitude irrespectueuse à l’égard des valeurs établies ou en rompant avec le passé dans des œuvres composées de vieux meubles trouvés. L’idée qui le guide reste la même : libérer les potentiels dans le présent et pour l’avenir, affirmer ses positions grâce aux dizaines de milliers de photos et de textes diffusés sur son blog ou par le biais de Twitter.

“Ai Weiwei : Entrelacs” est la première grande exposition en France consacrée à cet artiste et homme de communication qui observe l’état du monde, l’analyse et tisse des liens avec ses semblables par de multiples canaux. L’exposition, qui présente également des vidéos de l’artiste, est centrée sur les photographies d’Ai Weiwei : celles par lesquelles il rend compte des mutations profondes du paysage urbain de son pays ; celles aussi qui relèvent d’une démarche plus artistique : le Conte de fées pour la documenta de Cassel et les innombrables photos numériques diffusées sur son blog ou à l’aide de son téléphone portable.

Par la richesse de son iconographie, cette exposition consacrée à Ai Weiwei tend à montrer la diversité et la complexité du personnage et sa manière d’être constamment en relation avec le monde. D’où cette idée d’entrelacs, de liens qui ne cessent de se tisser par-delà les frontières et les obstacles en tout genre.
Placé en détention le 3 avril 2011 par les autorités chinoises, libéré sous caution le 22 juin 2011, il est, à ce jour, toujours interdit de sortie du territoire.

AI WEIWEI
ENTRELACS
Jusqu’aù 29/04/2012
JEU DE PAUME
1, place de la Concorde
75008 Paris
01 47 03 12 50
jeudepaume.org